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DUMAS & TEL
are two repositories dedicated to research papers and Ph.D Thesis, and created by the technical unit CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe - UMS3668) .

 

 

 
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Repository for students' Research Papers (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance)
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Last Research Paper submitted

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrivait François Rabelais en 1532 dans <i>Pantagruel</i>. Aujourd’hui, plus que jamais peut-être ces mots prennent tout leur sens : entre réchauffement climatique, manipulations génétiques, prises de décision algorithmique, numérisation massive des données relatives à la vie intime ou professionnelle, l’humanité se trouve confrontée à des enjeux éthiques qui semblent sans précédents dans l’Histoire. Mais n’est-ce pas là encore une expression due à l’orgueil de la modernité ? Il reste que les sciences paraissent encore demeurer l’apanage des professionnels et de quelques amateurs passionnés ; la majorité semblant n’être pas concernée ou non informée face à ces enjeux pourtant cruciaux de son propre a(d)venir. Le théâtre, parce qu’il met en jeu les corps, les émotions, la relation à soi-même et à l’autre, est une voie idoine pour mettre l’humain en prise avec ces questionnements. Venez alors nous rejoindre dans notre Laboratoire de recherche Théâtre et Science pour ensemble penser l’avenir...

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En 1750 et 1751, une campagne hydrographique est réalisée dans le golfe de Gascogne à la demande du Dépôt des cartes et plans de la Marine. Cette campagne a pour but de vérifier et de corriger des cartes marines déjà publiées de la même région. Pendant la mission, plus de 350 sondes à plomb suiffé sont relevées dans le golfe afin de mesurer la profondeur de l’eau et pour lever des échantillons du fond marin à différents points. En étudiant les diverses archives provenant de cette campagne, la chaîne de production des savoirs hydrographiques en jeu au XVIIIe siècle est exposée et déconstruite. Elle englobe chaque étape dans le processus de construction de cartes marines, de l’émergence d’un besoin aux travaux sur le terrain et à leur utilisation finale. Les archives contiennent également les données hydrographiques brutes récoltées pendant la mission. Une méthodologie pour le traitement et l’analyse de ces données hydrographiques historiques est proposée et détaillée. La chaîne de traitement passe par la transcription des données des sources archivistiques à leur standardisation et classification selon des données de référence. Les données historiques ainsi traitées sont ensuite comparées et analysées par rapport à des données actuelles équivalentes. La méthodologie développée implique l’utilisation d’outils en humanités numériques, surtout pour la visualisation via la mise en carte des données historiques traitées.

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Les réseaux d’adduction d’eau potable de nombreuses villes françaises se sont développés et modernisés à la fin du XIXe siècle. L’histoire de l’administration de l’eau à La Rochelle à cette période permet d’établir les relations entre réalisations techniques, décisions politiques et contraintes économiques liées à la distribution de l’eau dans la ville et ainsi de tracer les grands traits d’un système technique de l’eau.

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Ce travail s'attache à montrer que les années 1940 et 1950 témoignent d'une révolution épistémologique profonde en économie, au moins aussi importante que la "révolution keynésienne". Cette révolution a conduit à l'émergence d'un style de pensée axiomatique. L'intégration de la méthode axiomatique en économie conduit à séparer la structure logique de la théorie de ses interprétations possibles, la monographie de Debreu (1959) constituant le modèle canonique de cette séparation pour la discipline économique. À partir de cette séparation, deux points de vue différents émergent au sein des modèles d'équilibre général : un point de vue économique et un point de vue axiomatique (ou mathématique). À chacun de ces points de vue est liée une logique de développement qui lui est propre. La logique de développement axiomatique pousse à réduire le nombre d'hypothèses ou, du moins, à les affaiblir, afin de proposer des théorèmes les plus généraux possibles. La logique de développement économique, quant à elle, conduit à rechercher des hypothèses réalistes renforçant la pertinence économique du modèle. Cette double logique conduit à une tension permanente dans l'activité théorique de l'économiste. En effet, la généralisation mathématique des théorèmes conduit, dans certains cas, à des interprétations peu conformes avec l'intuition économique ou bien peut contribuer à obscurcir leur signification économique. On perd en compréhension ce que l'on gagne en extension. L'exemple de l'article de 1954 de Kenneth Arrow et Gérard Debreu permet d'illustrer cette tension essentielle du style de pensée axiomatique en économie.

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En 1951, le Docteur Sidney Licht fait publier la première traduction en langue moderne de l’<i>Hygiène</i> (<i>De sanitate tuenda</i> libri VI) rédigé par Galien entre 175 et 190 de notre ère. C’est le docteur Robert Montraville Green, professeur d’anatomie à la Harvard Medical School et gynécologue-obstétricien à la retraite, ayant été formé aux Classiques à la Boston Latin School, qui est chargé de cette traduction. L’historien de la médecine Henry Ernest Sigerist en écrit l’introduction. Ce premier volume s’inscrit dans un programme plus vaste prévoyant la traduction en anglais de vingt autres textes de Galien, qui ne seront pas publiés. Malgré ses limites, cette traduction reste à l’heure actuelle la seule permettant aux non hellénistes et non latinistes d’approcher la pensée de Galien sur les mesures à prendre pour conserver la santé tout au long de la vie et ainsi permettre à chacun de vieillir confortablement. À la lecture de cette oeuvre, on mesure la finesse d’observation et l’actualité de ce grand médecin de l’Antiquité ; la gérontologie moderne, apparue à la fin du XIXe siècle avec l’accroissement de la longévité, a corroboré les observations qu’il avait déjà faites il y a près de deux mille ans.

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La médecine légale est la branche de la médecine ayant pour mission de mettre ses connaissances au service de l’organisation et du fonctionnement du corps social. C’est ainsi que les législateurs, les magistrats et les administrateurs publics font appel à ses lumières ou s’inspirent de ses conseils pour élaborer ou appliquer les lois, ainsi que pour veiller au maintien de la santé publique. Dans une époque où la médecine légale est une discipline « à la mode », popularisée par de nombreuses séries télévisées et romans, il est difficile d’imaginer combien son évolution fut lente et son ascension à l’échelle universitaire difficile. Plusieurs obstacles se dressèrent devant elle, à commencer par le principe d’inviolabilité du corps humain interdisant toute dissection pendant des siècles. En effet, selon l’Église, il était impossible de toucher un corps sans détériorer son âme. Si la médecine légale s’est développée avec une rapidité admirable au cours de ces dernières années c’est parce qu’elle a su profiter de l’évolution des connaissances biologiques, physiques, chimiques, techniques et sociales de notre époque. Comme il est justement spécifié dans l’ouvrage d’Alexandre Lacassagne : « Son évolution a également suivi le développement moral de l’Homme et elle a accompagné celui-ci dans sa mouvance psychique. La moralité d’un peuple s’apprécie par ses idées d’équité et de justice, par l’état de sa législation, de même que sa santé est en rapport avec le perfectionnement de son hygiène ». Il citait également Cicéron : « Voulez-vous connaître l’état d’une République ? Faites-vous rendre compte des jugements que les tribunaux y prononcent ». Je vous propose de suivre, de façon chronologique, l’évolution de la médecine légale afin d’en découvrir ses transformations à travers les âges et l’impact qu’elle joue de nos jours dans les institutions publiques.

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Nous souhaitions, en envisageant ce mémoire, présenter un résumé de la vie et de l’oeuvre du professeur Jean-Martin Charcot premier titulaire d’une chaire de « Clinique des maladies du Système Nerveux » (Neurologie), en relisant quelques biographies, articles et thèses, dont il a fait l’objet. Au-delà des références liées à l’Histoire de la médecine notre souhait était aussi de commenter, sous une forme interrogative, les articles de la presse parisienne au jour et aux lendemains des obsèques du « Maître » pour tenter de considérer la continuité de l’intérêt, ou non, qu’elle portait au personnage de son vivant. Cette presse du 19e siècle qui orchestrait les « bruits » de son époque et qui faisait aussi rapidement les gloires qu’elle les défaisait. Qu’en est-il de la représentation de la vie et de l’oeuvre du professeur Jean-Martin Charcot ? Entre l’hagiographie, le regard « orienté » de ses contemporains et la pitance quotidienne d’une presse opportuniste, nous avons essayé, très modestement et partiellement, de résumer ce que nous apportent certains éléments archivés à ce jour sur la vie d’un homme et sur un destin édifié au fil d’événements parfois fortuits, souvent bien construits, toujours volontaires, destin tout autant fait d’une pugnacité et d’une perspicacité scientifique aiguisée et exemplaire.

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Notre étude débutera à la veille de la guerre jusqu’après les batailles, au retour des patients. Par les sources à notre disposition (Partie 1 Chapitre 1), et dont on constatera également les limites et par un état des lieux, notamment de la population asilaire à la veille de la guerre, nous pourrons marquer la distinction entre deux époques et prendre conscience de l’importance de la première guerre mondiale et de ses conséquences pour l’asile de Prémontré (Partie 1 Chapitre 2). Entre 1914 et 1915, la mortalité des patients a progressé de 373%. La sous-alimentation a été mise en avant comme cause première et l’autorité militaire et administrative allemande comme raison. Mais nous verrons également que la souffrance des patients a pu se cacher dans des décisions prises ou non, par des protagonistes non directement liés aux combats eux-mêmes, et que cette surmortalité n’est pas le fait d’une volonté délibérée (Partie 2 Chapitre 1). La guerre a cessé un jour et l’asile de Prémontré, aujourd’hui EPSMDA2 en activité, a dû être réhabilité pour recevoir à nouveau ses patients évacués, et de nouveaux depuis (Partie 2 Chapitre 2).

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Dans ce travail, nous nous proposons d’étudier les fonctions et les affections de la langue telles qu’elles sont décrites dans le <i>Corpus Hippocraticum</i>. Pour mener à bien notre travail, nous prendrons en considération, d’une part, l’anatomie, la physiologie et la pathologie linguales et, d’autre part, l’étude des symptômes qui, quoique provenant de maladies localisées dans d’autres organes du corps humain, se manifestent pourtant sur la langue. En outre, la comparaison des données établies par les médecins du <i>Corpus Hippocraticum</i> sur la physiologie et la pathologie de la langue avec celles fournies par leurs prédécesseurs permettra de mieux cerner l’apport de la médecine hippocratique dans ce domaine de la stomatologie.

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(Thèses En Ligne)
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Last Ph.D. submitted

Ancré dans la didactique curriculaire et dans le champ de recherche essentiellement développé dans les pays anglo-saxons désigné par l’acronyme NoS (Nature of Science), ce travail examine la possibilité d’introduire l’histoire des sciences dans les cours de physique de l'enseignement secondaire tunisien afin de modifier l’image de la nature des sciences et de l’activité scientifique des élèves. Ces conditions portent sur la nature de l’innovation à expérimenter en classe et son impact sur les élèves, sur sa généralisabilité et donc sur le rapport à l’enseignement de la physique et à l’innovation des enseignants. Une partie des études théoriques a été consacrée à une revue de la littérature traitant de la culture scientifique (scientific literacy), de la nature des sciences et de l’histoire des sciences dans l’enseignement (NoS), l’autre à l’élaboration d’un cadre de référence épistémologico-historique. Nous y présentons les sciences comme une entreprise humaine réalisée dans un contexte socio-culturel, technique et politique d’une époque donnée et esquissons un panorama de l’histoire de la dioptrique orientée par les objectifs d’apprentissage épistémologique retenus pour la séquence d’enseignement innovante : montrer la diversité des enjeux de la physique et des démarches du physicien. Les études empiriques ont été conduites en Tunisie. Deux séquences d’investigation documentaires ont été expérimentées en classe à un an d’intervalle par le même enseignant auprès de deux groupes d’élèves, le premier de 20, le second de 25. Elles se distinguent par le fait que l’une vise uniquement l’acquisition de savoirs épistémologiques et que l’autre vise aussi l’acquisition de savoirs scientifiques sur la loi de la réfraction. Le suivi de ces ingénieries a été réalisé essentiellement à l’aide de questionnaires ouverts ou fermés. Un film et deux entretiens sous forme de questionnaires les complètent. La transmission de l’innovation pédagogique a été réalisée dans le cadre de la formation continue des enseignants et a donné lieu à une ingénierie qui a touché 50 enseignants du secondaire. Ceux-ci ont eu à réaliser le même travail que les élèves. Trente d’entre eux ont répondu aux mêmes questionnaires que les élèves ainsi qu’à deux autres questionnaires élaborés pour déterminer leur rapport à l’enseignement de la physique et à l’innovation. Les résultats obtenus confirment les hypothèses de recherche à propos de l’existence d’une vision empiriste et réaliste naïve des sciences chez les élèves et enseignants et d’une tendance des enseignants à privilégier les expériences dans l’enseignement de la physique. Ils sont encourageants quant à la possibilité de faire évoluer l’image de la nature de l’activité scientifique des élèves grâce à l’introduction de l’histoire des sciences relativement aux objectifs épistémologiques considérés. Nous terminons par la discussion des apports et limites du travail réalisé et présentons quelques pistes ultérieures de recherche.

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Given the social distortions born from the movement of reforms launched at the end of the 1970's in China, the present thesis investigates evolution regarding three major topics: labour market, the level of education and the health status. Using the CHNS database, I first consider returns to human capital in China, given the requirements of a more competitive economic environment in terms of productivity. I highlight increasing returns to education and nutrition in China since 1991, underlining the impact of the reforms on the way wages are now fixed. The conclusion appears positive for a rise in productivity and consequently for future growth. However, if individuals do not have equal access to education and to a good health, a higher payment of these factors can lead to deterioration in terms of inequalities. I subsequently focus on the evolution of the level of education and of the health status since the movement of reforms through two channels: potential transmission of the parents' social status to their children, i.e. social mobility; and inequalities in wellbeing in three social dimensions which are income, education and health. Using mobility matrices as well as econometric strategies, I demonstrate a comparably high level of mobility in education and wages as in other developed and developing countries. Nevertheless, the increasing impact of parents' wages on the child's schooling attainment can result in future lower mobility. Combined with results found from the analysis of multidimensional inequalities in wellbeing, I conclude that social inequalities in China are expected to increase in the coming years. Policy measures should address them focusing particularly on providing equal access to education and good health.

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Dans les années 1780, une nouvelle politique française d’encadrement de la naissance choisit la sage-femme comme intermédiaire privilégié entre les attentes médico-administratives et la population. Officialisé par la loi du 19 ventôse an XI sur l’exercice de la médecine, le métier de sage-femme n’a plus dès lors qu’un point d’entrée possible et admis : la formation obstétricale. La thèse étudie le consentement des sages-femmes à leur mise en formation, sa chronologie et ses modalités. Elle aborde la question de la part dans l’évolution de la profession et son renforcement au fil du siècle des dynamiques externes (État, administration, corps médical) et internes (sages-femmes elles-mêmes). Ou comment les auxiliaires sans instruction de la naissance à la fin du XVIIIe siècle se muent en une profession médicale unifiée au début du XXe siècle. Au-delà, ce travail montre comment l’organisation administrative de la formation, les politiques de recrutement et la forme des cours participent à la construction d’un nouvel agent sanitaire : la sage-femme qui se retrouve à assumer tour à tour les fonctions d’accoucheuse, de vaccinatrice, de médecin des pauvres ou encore de puéricultrice. En un siècle, les deux-tiers des départements français ont fondé un cours ou une école d’accouchement. En un siècle, ce sont près de 45 000 sages-femmes qui ont été formées et diplômées. Cette étude est celle de la construction d’une identité et d’une conscience professionnelle permise par la formation obstétricale.

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Cette thèse propose de problématiser la grossesse comme un travail des femmes encadré par des institutions et façonné par les rapports sociaux de genre, de classe, et de race. L’analyse est basée sur une enquête par entretiens auprès de femmes enceintes et de leurs conjoints, et par observations dans deux maternités hospitalières (Île-de-France, 2014-2017). Cette thèse montre que la survenue des grossesses est encadrée par une norme conjugale, qui se décline selon des scripts conjugaux ; elle souligne également que le « bon moment » (la norme procréative) pour avoir un enfant varie selon les trajectoires et les positions sociales des femmes et de leurs conjoints. Elle interroge la manière dont l’encadrement étatique et médical des grossesses définit une temporalité spécifique de la gestation et met les femmes enceintes au travail de patiente. Le soin s’étend à l’espace et au temps domestiques dans la mesure où les femmes enceintes sont incitées à modifier leur vie quotidienne pour prévenir les risques. La division genrée du travail ménager et parental n’est modifiée que marginalement à l’occasion de la grossesse, tandis que la préparation de l’accueil d’un nouveau-né s’ajoute pour les femmes aux tâches habituelles. Dans l’espace du travail salarié, les grossesses apparaissent comme clandestines, à la fois illégitimes et ignorées. Elles jouent un rôle de révélateur vis-à-vis du salariat, en mettant en lumière l’extension du temps de travail, la pénibilité et les risques professionnels.

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Cette thèse porte sur les agents diplomatiques de Côme Ier de Médicis envoyés en France entre 1537 et 1559, dans la seconde partie des guerres d’Italie. En 1530, les Médicis rejoignent l’empereur et deviennent, sous sa tutelle, ducs de Florence, rompant avec la tradition francophile de la cité. Les deux changements, de régime d’une part, d’alliance de l’autre, ont longtemps été considérés comme étant à l’origine d’une rupture absolue des relations en Florence et la France, alors même que la période correspond à celle de l’ascension française de Catherine de Médicis, cousine de Côme. À l’aune d’un large dépouillement des registres de la chancellerie médicéenne, cette thèse rend caduque la doxa historiographique postulant cette rupture. Elle montre comment se construit une projection extérieure dans un espace inamical et dans le contexte d’un renouvellement du personnel politique florentin. Ce travail met en avant la multiplicité des acteurs des relations internationales et des modalités d’envois qui président à leur action. Ces « diplomaties plurielles » permettent à Côme de Médicis d’employer des dizaines d’agents aux statuts variés (espions, ambassadeurs, secrétaires, banquiers ou encore consuls) et de disposer d’une présence quasi continue à la cour de France et auprès des représentants français en Italie. Ainsi, ce cas d’étude permet de rendre compte de toute la complexité d’un modèle social et politique qui pourrait être représentatif de la Renaissance européenne, bien au-delà des seules limites du duché de Florence.

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F. Bordes marque de son empreinte la construction de la préhistoire dans la seconde moitié du XXe siècle. Une analyse thématique de son oeuvre en trois parties permet de mettre en lumière ses principaux aspects.Une première partie, intitulée « Une approche normative », est consacrée à la démarche de F. Bordes qui est caractérisée par un renouvellement méthodologique. Une seconde partie, au titre de « Les industries lithiques comme fil d’Ariane », est consacrée aux interprétations de F. Bordes concernant l’évolution des cultures préhistoriques et à ses recherches pour reconstituer la vie quotidienne matérielle au Paléolithique. Une troisième partie, « La construction d’une école de pensée », aborde la place particulière de F. Bordes au sein de la communauté des préhistoriens. Enfin, F. Bordes est également Francis Carsac, un auteur de science-fiction, dont l’étude des récits permet de donner un éclairage complémentaire sur ses préoccupations. En conclusion de cette thèse, un regard est porté ce qu’il reste de sa contribution scientifique.

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Bien connue par ses images et les récits édifiants qu’elle nous transmet, souvent convoquée comme exemple, la tradition médiévale du bestiaire – et en particulier française – est néanmoins plus rarement étudiée pour elle-même. Ce travail se propose d’observer les formes prises par ce discours didactique sur la faune dans les bestiaires moralisés et les sections animalières de plusieurs textes encyclopédiques écrits en français entre le XIIe et le XIVe siècle. Par l’étude des stratégies discursives, stylistiques et intellectuelles mises en place par les auteurs de ce corpus, on tente ainsi d’identifier les traits les plus saillants de cette écriture médiévale sur le vivant – souvent partagée entre une approche « scientifique » et une perspective « symbolique » – en l’envisageant avant tout comme un discours de savoir et sur le savoir. En interrogeant ainsi les ressources discursives à l’œuvre pour dire et décrire le monde naturel, ce travail tente donc de cerner les formes d’une zoographie vernaculaire française. Pour cela, la thèse se propose d’envisager successivement trois opérations essentielles à cette mise en discours didactique de la faune. L’étude d’une translation, dans un premier temps, se propose de montrer que le corpus français sur lequel on se penche se construit avant tout dans l’écho d’autorités latines dont il est et dont il s’affirme l’héritier plus ou moins direct, en observant le rapport de proximité et d’éloignement qu’il entretient avec elles. Après un essai d’archéologie de la zoographie vernaculaire, la partie se tourne vers les deux ensembles formés par les bestiaires moralisés et les sections zoographiques des encyclopédies médiévales pour en souligner la « connexité générique » qui permet d’en proposer l’appréhension conjointe mais aussi pour en identifier les divergences formelles et fonctionnelles de ces corpus distincts. Dans un second temps, la thèse s’interroge sur l’opération de devisement que le corpus ainsi dessiné met en acte en proposant une mise en ordre du livre et du monde qui prend essentiellement la forme d’une structure sérielle et répétitive. Cette dernière entend donner à voir la multiplicité de la matière zoologique tout en garantissant l’unité de son appréhension intellectuelle. On envisage alors les deux structures à l’œuvre – la liste et la notice – comme la traduction formelle de cette aspiration à l’ordre et à la maîtrise tout autant que sa fondamentale réduction à la singularité d’une espèce animale. C’est ensuite la question des catégories et classifications zoologiques qui est étudiée, en particulier à partir du lexique « zoocatégorisateur », pour tenter d’en mettre au jour la valeur fondamentalement discursive et ambigüe. Enfin, l’étude s’interroge sur l’importance d’un métadiscours qui met l’accent sur l’importance du dire dans l’exposé didactique. En s’interrogeant sur les formes de l’énonciation zoographique, cette partie propose alors de voir comment le savoir naturaliste, plutôt que d’y préexister, s’affirme et se construit dans les formes mêmes de son expression et le constant retour réflexif que celles-ci scénarisent. En apparence dénués d’un marquage énonciatif trop subjectif, les bestiaires se révèlent pourtant exhiber sans cesse la voix d’un clerc, capable de nommer les bêtes, d’en expliquer les noms et d’en rappeler le mutisme pour mieux souligner sa propre maîtrise des langues et de la parole. Essentiel dans la distinction entre l’homme et l’animal, le discours se révèle ainsi autant le moyen que le fondement de tout savoir.

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Cette étude des figures et de la symbolique des animaux sauvages dans l’Inde ancienne, repose sur une lecture des Veda et des épopées que sont le Rāmāyana et le Mahābhārata. Elle consiste à dresser un portrait aussi complet que possible d’animaux emblématiques de la forêt : loup, chacal, hyène, ours, lion, tigre, panthère, éléphant, rhinocéros, sanglier, et buffle. À la fois animaux vrais et conceptuels, leur image apparaît complexe et en partie attachée à la définition du milieu où ils vivent, l’aranya ou les « terres sauvages ». Essentiellement présents au travers de leurs relations avec l’homme, qui éprouve une fascination constante à leur égard, ils sont repoussés ou sollicités, conduisant dans ce dernier cas à une animalisation de l’individu. Avant tout lexical, le phénomène interroge sur sa nature profonde, et sur les liens entre l’homme et l’animal qui se révèlent ici par un transfert de force et de puissance. Cette relation amène logiquement à envisager l’animal sauvage cette fois dans un environnement divin et/ou démoniaque où, entre mythes et sacrifices, il apparaît tantôt comme protégé du dieu, tantôt comme l’une de ses multiples formes possibles, souvent redoutable.

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Progressivement, les technologies numériques prennent une place plus importante dans la recherche sur les phénomènes socioculturels. Des projets d’équipement se développent dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales (SHS) et des mouvements prônant une révolution instrumentale se multiplient. Cette thèse en sciences de l’information et de la communication propose d’interroger l’avènement d’une recherche « numériquement équipée » en SHS à partir d’une réflexion générale sur les liens entre sciences, technique et écriture. Quels sont les enjeux épistémologiques, mais aussi politiques, sous-jacents à ces logiques d’instrumentation numérique en tant qu’elles instituent de nouvelles techniques d’écriture au cœur des pratiques de recherche ? Le mémoire présente un parcours en trois grandes parties. La première partie inscrit la recherche dans une pensée des rapports fondamentaux entre instruments techniques et connaissance scientifique. Il s’agit également de reconnaître les spécificités d’une approche « communicationnelle » de l’instrumentation scientifique, et en particulier de l’instrumentation numérique. La deuxième partie propose une exploration critique des discours d’escorte qui accompagnent ces transformations en s’appuyant sur les projets émanant de deux courants majeurs du domaine de la recherche numériquement équipée en SHS : les « humanités numériques » et les « méthodes numériques ». Quelles sont les promesses portées par ces mouvements ? Quels imaginaires, quelles représentations de la science et du numérique ces projets de « renouvellement » de la recherche par le numérique abritent-ils, mais aussi à quels « obstacles » se heurtent-ils ? À partir de la théorie des médias informatisés et de l’écriture numérique, et sur la base d’une démarche d’analyse techno-sémiotique, la troisième partie interroge les formes et les pouvoirs de la médiation instrumentale numérique. Sur un plan morphologique et praxéologique, en quoi consiste la conception et la mise en œuvre de tels instruments ? Sur un plan plus politique, quels sont les effets « normatifs » de ces dispositifs instrumentaux sur l’épistémologie des disciplines qui s’en saisissent ?

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Le but de cette thèse est d’explorer l’hypothèse que l’histoire de la biologie évolutive de l’après-Darwin pourrait être interprétée comme le résultat d’un double processus, quoique toujours inachevé, de généralisation et de formalisation de la théorie de l’évolution dans le but d’unifier les sciences de la vie sous l’égide du principe de sélection naturelle. Plus précisément, un tel processus se serait concrétisé par l’émergence de la théorie synthétique de l’évolution en tant que cadre conceptuel qui définit les principes de base qu’orientent la biologie évolutive contemporaine. Néanmoins, en quoi les présupposés sur lesquels repose ce cadre offriraient-ils une vision unifiée et généralisée du vivant ? Dans un premier temps (partie I), nous montrerons en quoi la théorie synthétique de l’évolution peut être considérée comme un cadre conceptuel (chapitre 1). Cela nous amènera à analyser la manière dont les fondements de cette dernière sont présentés dans un certain nombre de manuels scientifiques, afin de comparer une telle présentation avec les différentes tentatives qui ont été menée jusqu’ici dans le but de mieux définir l’architecture conceptuelle de la théorie synthétique dans une approche formelle (chapitre 2). Dans un second temps (partie II), nous verrons en quoi les débats récents autour de l’extension de la synthème moderne remettent en cause les représentations de cette dernière que nous avons analysées dans la partie précédente (chapitre 3) et nous tournerons vers l’œuvre de R. A. Fisher pour chercher une alternative (chapitre 4).

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