Mécanismes physiopathologiques des dysphasies développementales de l'enfant : Apport de l'IRM fonctionnelle à 3 Teslas

Résumé : L'objectif de la recherche est l'étude des régions langagières activées en imagerie fonctionnelle chez les enfants dysphasiques, en comparaison d'enfants témoins normaux. Conformément au projet initial, nous avons inclus des enfants dysphasiques (21) et des enfants témoins (18). Nous avons donc étudié une population de 21 enfants dysphasiques âgés de 7 à 18 ans (âge moyen de 11,4 ans). Les enfants ont tous bénéficié d'une évaluation neuropsychologique (WISC IV pour 18 enfants et WAIS-III pour les 2 jeunes de plus de 16 ans). Un bilan complet de langage (N-EEL pour 4 enfants et L2MA pour 17 enfants) a été réalisé chez tous les enfants. Le protocole IRM a été mené sur un appareil 3T du CHU de Rennes en utilisant une antenne 8 canaux. Une première partie a comporté 2 séquences morphologiques en T1. La seconde partie a comporté 4 séquences fonctionnelles correspondant aux 4 paradigmes d'activation -2 tâches de référence en modalité auditive: tâche "fluence catégorielle ", et tâche "évocation de mots sur définition"-2 tâches d'activation nouvelles en modalité visuelle: tâche de " différentiation phonologique " et tâche de " segmentation phonologique ". Le traitement des images est effectué par le logiciel dédié SPM5, fonctionnant sous Matlab. Les données sont exprimées en carte d'activation pour l'ensemble du cerveau et dans les régions d'intérêt (ROI) . Un index de latéralisation est calculé dans les ROI. Les images ont été normalisées sur un template enfant. Les données résultent d'une analyse de groupe et inter-groupe. Les premiers traitements ont été finalisés chez les 18 enfants témoins. Les tâches de référence ont activé les aires de langage classiques frontale gauche pour la tâche " catégorisation " et temporale gauche pour la tâche " dénomination ". Les tâches nouvelles activent simultanément les 2 régions, de manière plus importante pour la tâche de " segmentation phonologique". Finalement, l'utilisation des 4 tâches d'activation a permis une cartographie plus sensible et plus précise des zones langagiéres (De Guibert et al, NeuroImage, 2010). Les résultats chez les patients ont mis en évidence des différences significatives. Les patients dysphasiques ont un défaut de latéralisation pour l'ensemble des aires langagières gauches (gyrus frontal inférieur, gyrus temporal supérieur et gyrus supramarginal), que ce soit avec une ou plusieurs tâches combinées, alors qu'aucune différence de latéralisation significative n'a été montrée lorsque ces régions sont exclues. L'analyse inter-groupe met en évidence une hypoactivation de la zone de Wernicke lors de la tâche de définition de mot. Lors de la tâche phonologique de segmentation, on observe une hyperactivation de l'insula antérieure droite, ainsi que du gyrus frontal adjacent et de du noyau caudé. Ces résultats en IRMf montrent que les enfants dysphasiques ont une latéralisation et un fonctionnement atypique de leurs aires de langage. L'hyperactivation de l'insula droite peut s'interpréter comme résultant d'un mécanisme compensatoire. 
Type de document :
Communication dans un congrès
Société française de neuropédiatrie, Jan 2011, Lyon, France. 2011
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Contributeur : Camille Maumet <>
Soumis le : lundi 18 juillet 2011 - 10:28:40
Dernière modification le : mercredi 2 août 2017 - 10:06:13

Identifiants

  • HAL Id : inserm-00609088, version 1

Citation

Catherine Allaire, Clément De Guibert, Camille Maumet, Pierre Jannin, Jean-Christophe Ferré, et al.. Mécanismes physiopathologiques des dysphasies développementales de l'enfant : Apport de l'IRM fonctionnelle à 3 Teslas. Société française de neuropédiatrie, Jan 2011, Lyon, France. 2011. <inserm-00609088>

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